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Les carnets de Balkans de Joanna Elmy : «Quand on part, on change tellement qu’on ne peut pas revenir en arrière»

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Dans son premier roman, «Porter la faute», l’autrice originaire de Bulgarie raconte les destins de trois générations de femmes bulgares et un exil américain.

Joanna Elmy à Paris, fin janvier. (Marie Rouge/Libération)
Publié aujourd'hui à 13h18

La valise rose est sur le tapis roulant. Au guichet de l’aéroport où elle doit embarquer pour l’Amérique, Yana, la plus jeune des trois personnages principaux de Porter la faute, voit le poids de l’objet s’emballer. «10, 15, 20, je dépasse les 21 kilos autorisés, 30, 75, 199, 187, 200, 260, 400…» L’hôtesse finit par ouvrir le bagage. S’en échappent le grand-père, la grand-mère, une ribambelle de cousines, d’oncles : Yana est jugée inapte au voyage. Un cauchemar dont elle sort en sursaut, au côté de sa grand-mère, qui ne s’était pas aperçue que la jeune femme s’était assoupie, «perdue dans l’écheveau de ses histoires». Et dans l’exil c’est bien ça que l’héroïne emporte de plus précieux. Des récits familiaux que la distance géographique va polir, remettre en perspective, la faisant grandir d’autant.

Dans son premier roman, l’autrice née à Sofia en 1995 raconte les destins de trois générations de femmes bulgares confrontées à la violence masculine et faisant front chacune à leur façon. Il y a donc Yana, la petite-fille qui emprunte un certain nombre de traits à l’autrice. Comme elle, elle s’est installée aux Etats-Unis, au début grâce à un visa court pour emploi saisonnier. Le livre dresse alors un portrait âpre de cette autre Amérique, celle des travailleurs étrangers, avec ou sans papiers, utilisés pour les sales boulots. Yana est serveuse et femme de ménage en brigade dans l’Etat du Delaware, dans une station balnéaire. Parfois en plein travail, des messa

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