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Roman

«Les Corps hostiles» de Stéphanie Polack, les nuits de Maude

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Dans ce roman tendu et drôle, une femme, Maude, désire les hommes et les juge.

Le texte dessine une femme heureuse de l’être, qui adore la virilité, les rencontres, l’animalité d’un corps masculin. (Alain Willaume/Tendance Floue)
Publié le 05/01/2024 à 14h23

Maude, comment la définir ? «Elle voulait qu’on lui foute la paix». Mais elle veut aussi (elle veut beaucoup de choses) qu’un homme la «désarme», la fasse jouir et ainsi l’amplifie. Elle veut être aimée par celui avec lequel elle espère «baiser», mais elle ne fait pas ça à la légère : «Si le sexe est décisif, le texte peut attendre.» Cette intellectuelle quadragénaire cherche à entretenir avec les hommes des rapports conflictuels et sensuels : «Moi je crois qu’on peut pas parler d’amour en dehors du sexe en fait, l’amour ça se fait.» Maude est jolie, bien qu’il lui arrive d’être laide. Elle est masculine, ce qui n’est pas laid. Elle est féminine : «J’aime prendre soin des hommes dont je me sens proche, j’aime me consacrer à eux : leur faire à manger, les écouter longuement, les couvrir d’attentions complices ou câlines. Je n’ai pas l’impression d’être diminuée quand je le fais ou de me soumettre à quoi que ce soit, ni d’ailleurs quand un amant me tient les mains pendant l’amour – ça me fait plutôt sourire.» Maude est l’héroïne des Corps hostiles, un roman sur la façon dont aujourd’hui, une femme parmi d’autres désire les hommes et les juge ; une réflexion sur la manière dont certains hommes envoient des sms obscènes en rafale et s’imaginent ainsi tenir les femmes : c’est l’amour sans le faire. Le texte dessine une femme heureuse de l’être, qui adore la virilité, les rencontres, l’animalité d’un corps masculin.

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