Quand ils ont lancé leur propre maison d’édition, un jour de 2016, beaucoup les ont regardés avec un mélange d’admiration et d’effroi. Le secteur entrait dans une période de turbulences, avec des rachats et des fusions en pagaille, et leur spécialisation, les cultures juives, était un vrai pari. Dix ans plus tard, Anne-Sophie Dreyfus et Gilles Rozier sont non seulement toujours là, mais ils se sont développés et ils se régalent. Le monde se déchire autour d’eux mais les livres continuent à les nourrir, au sens propre comme au sens figuré.
Président de la Maison du yiddish
L’Antilope, nom qu’ils avaient choisi pour leur maison d’édition parce que «c’est exotique et gracieux», nous expliquaient-ils il y a dix ans, a publié 50 livres en grand format et 20 livres en poche depuis 2016. Lancée en 2021, la collection poche, qui accueille des livres du catalogue ou tombés dans le domaine public est un succès. «En volume, on fait autant de ventes en poche qu’en grand format, dit Gilles Rozier. Du coup, même quand on ne publie pas de nouveauté, on fait du chiffre d’affaires.» En gros, la maison est à l’équilibre, déjà une gageure par les temps qui courent. «Le levier, pour obtenir l’équilibre, est très simple : est-ce qu’on se paie ou pas ?», explique Anne-




