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«Les Fils d’Otmar» de Peter Buwalda : un père dans le brut 

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L’auteur néerlandais envoie sur l’île de Sakhaline son héros qui a froid aux oreilles.

Peter Buwalda. (Jitske_Schols)
Publié le 16/01/2026 à 14h47

Trump ? Non, Tromp. Le malentendu figure dans les Fils d’Otmar, juste une fois, comme pour signaler discrètement qu’auteur, lecteurs et personnages appartiennent au même monde. Johannes, Johan ou Hans Tromp est un ponte de Shell, envoyé à Sakhaline (Russie) diriger Sakhalin Energy après avoir connu une situation plus enviable au Nigeria. De son côté la mère de Ludwig, héros qui a froid aux oreilles, l’a toujours appelé «H» afin de ne pas prononcer le nom abhorré. H faisait son service militaire à Blerick, un bled de la province du Limbourg aux Pays-Bas (l’auteur, Peter Buwalda, est lui-même né à Blerick en 1971), lorsqu’il a séduit Ulrike et l’a abandonnée enceinte sans plus donner de nouvelles par la suite.

Les Fils d’Otmar commence sur cette question du père. Ludwig n’en a pas eu, et ça n’a jamais été un problème, bien que sa femme pense le contraire et le pousse à contacter son géniteur – c’est une donnée de leur couple, ils ne sont d’accord sur rien, et un axe du roman où les liens traditionnels sont mis à mal. Bonita Avenue (2013) faisait déjà imploser la famille. Ludwig, 34 ans, a eu un beau-père lorsque sa mère a épousé Otmar, et celui-ci s’est avéré un super père, veuf avec deux prodiges, une fille violoniste, deux ans de plus que Ludwig, et un fils pianiste,

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