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Histoire

«Les Oubliés de la Saint-Valentin» : le célibat en terre hostile

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Romain Huret étudie la discrimination subie par les hommes et femmes non mariés, aux Etats-Unis, de la fin du XIXe siècle aux années 80.

Manifestation de l'Association des femmes célibataires au chômage à New York en 1933. (Library of Congress)
Publié le 11/02/2026 à 23h24

Difficile de ne pas commencer par la Saint-Valentin. Elle approche à grands pas et Romain Huret, président et directeur d’études à l’EHESS, ne risque pas de nous la faire oublier. Le titre de son dernier essai donne l’impression qu’il surfe sur la vague qui monte. Ce travail de fourmi a pourtant exigé une dizaine d’années. Ce spécialiste des Etats-Unis nous invite à regarder ce qui se passe derrière les effusions sentimentales de ce jour devenu une fête commerciale dès le XIXe siècle. Des centaines de femmes américaines s’en sont servies dans les années 60, détournant cette sacro-sainte fête des amoureux pour envoyer des cartes postales de la Saint-Valentin, «non pas aux hommes de leurs rêves, mais aux élus du Congrès», écrit Romain Huret dès le prologue. Elles exprimaient leur incompréhension de devoir payer plus d’impôts que les couples mariés. Les Oubliés de la Saint-Valentin ne parle donc pas d’amour mais d’assignation sociale et de discrimination professionnelle. Ce ne sont pas de couples qu’il y est question, mais de célibataires qui n’ont jamais été mariés, et dont l’âge est supérieur à 35 ans.

La ségrégation des années 20

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