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«Les Volontaires» de Thomas Dodman : comment finissent les révolutions

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L’historien illustre la perte des idéaux des Lumières à partir de lettres d’un soldat engagé dans les guerres de la fin du XVIIIe siècle.

Retour des volontaires chez eux, en 1792. (Bridgeman Images)
Publié le 01/01/2026 à 21h50

Ce livre retrace la vie d’une famille d’un village de Lorraine pendant la Révolution française et le début du XIXe siècle, trois personnages anonymes, Elisabeth Dufresne, et ses deux enfants adoptifs, Charlotte et Gabriel. Il la suit à partir des quelque 300 lettres envoyées par Gabriel devenu soldat à Elisabeth et Charlotte restées en Lorraine, laissant en partie dans l’ombre la dimension féminine de cette aventure. L’entreprise de Thomas Dodman, enseignant franco-britannique de l’Université Columbia, s’apparente à une gageure du fait du manque de sources. L’objectif est de comprendre «l’expérience de transformation sociale qu’est la Révolution». Mais ce livre est aussi une expérience d’écriture historique, l’auteur ayant voulu restituer «la nature parcellaire du corpus de sources par une structure fragmentaire du récit», afin de saisir «l’expérience décousue du vécu».

Le personnage le plus singulier de ce trio est la mère, Elisabeth. Cette femme des Lumières, grande lectrice de Voltaire et de Rousseau est passionnée de sciences, désireuse de vivre en liberté sa féminité. Elle est séparée d’un mari qu’elle n’aime pas et plutôt que la maternité, elle a adopté ses deux enfants – à une époque où l’a

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