Maurice Merleau-Ponty à Simone de Beauvoir, 12 juin 1929 : «Beaucoup de choses nous séparent, beaucoup plus sans doute que vous ne pensez et que je ne pense. Car le désir de comprendre et de paraître intelligent m’empêche souvent de m’opposer trop vite. Pourtant, vous avez bien dû le voir, je ne peux supporter que votre sympathie soit si étroite. Comme vivre sans prendre ensemble tous les hommes sous le même filet d’amour ?» Réponse de Simone de Beauvoir : «Ne me croyez pas trop incapable de pitié […] ; mais il y a bien autre chose que cette sympathie universelle qui pour moi est un fait, mais un fait sans valeur : il y a une estime plus dure, et qui parfois s’épanouit en tendresse, pour tel ou tel homme, non parce qu’il est un homme, mais parce qu’il est lui. […] Oh non ! jamais pour tous le même filet d’amour.» Cette lettre, Simone de Beauvoir ne l’envoie pas. Elle en écrit une autre, où elle le remercie de sa présence, de la «si claire affection toujours renouée» : il a employé l’expression avant d’en venir à leurs désaccords, lesquels iront grandissant.
Correspondance
«Lettres d’amitié» de Beauvoir, des idées derrière l’entête
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Une partie de la correspondance de la philosophe est réunie dans «Lettres d’amitié 1920-1959», où sont consignées ses échanges avec ses amis Elisabeth Lacoin, dite Zaza, et Maurice Marleau-Ponty.
Simone de Beauvoir, à droite, et son amie Zaza, en septembre 1928. (Association Elisabeth Lacoin. Éditions de l'Herne)
Publié le 15/10/2022 à 9h22
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