Les yeux encore rougis par le sommeil, Elizabeth Rush s’extirpe de sa couchette. Dehors, la mer se drape de teintes étranges, jusqu’à ne plus former qu’un seul ensemble indistinct avec le ciel polaire. Un paysage d’apocalypse, qui pourrait aussi être celui du premier matin de la création. Prise dans «ce curieux dérèglement du temps et de l’espace», elle se demande : «Depuis combien de jours le monde s’est-il vidé de la plupart de ses couleurs ?» Au loin, la silhouette massive d’un iceberg se dessine, le premier d’une longue série. Impossible de concevoir sa taille dans l’horizon dénudé de l’Antarctique. Sans le savoir, le Nathaniel B. Palmer, un brise-glace de 5 376 tonnes, «semblable à une pantoufle hivernale» vient de franchir le «front polaire», le dernier croisement entre l’eau chaude du continent Américain et le courant glacial des mers du Sud. La dernière frontière géographique entre «l’ici et le là», les repères de la terre ferme et la raison de cette expédition : le Thwaites.
Non-fiction
«L’Eveil» : Elizabeth Rush dans le ballet des glaces
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L’autrice américaine livre le récit de son expédition en Antarctique.
Le Thwaites est un des plus gros glaciers au monde. (Elizabeth Rush)
Publié aujourd'hui à 14h20
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