L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique est le texte le plus célèbre de Walter Benjamin. Son titre est devenu réflexe dès qu’on parle de photo ou de cinéma ; les plus militants retiennent sa conclusion écrite en pleine ascension du nazisme et de ses mises en scène : «ainsi en est-il de l’esthétisation de la politique que poursuit le fascisme. Le communisme lui répond par la politisation de l’art.» En ces temps d’œuvres produites par l’IA et d’autres dont les pixels authentifiés par blockchains produisent un «original» garanti et propriétaire (NFT), ce texte n’est pas sans être à lire ou relire. Sa thèse pose la question de l’œuvre d’art, non sur le plan du jugement esthétique, mais dans sa confrontation au XIXe siècle avec les dispositifs photographiques puis cinématographiques qui se mettent en place. En une vingtaine de courts chapitres, Benjamin analyse ce qui a lieu quand l’original disparaît à l’ère de la reproductibilité, se diffuse, quand l’homme des foules fait l’expérience intime du «choc» de ces nouvelles images, cela à l’horizon d’une critique marxiste de la culture. Là, l’œuvre perd sa qualité cultuelle, quitte un monde ritualisé et élitaire pour en ouvrir un autre, le nôtre.
Philo
«L’Œuvre d’art» : dernières nouvelles de Walter Benjamin
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Sortie d’une récente traduction de l’essai majeur du philosophe sur l’art, accompagnée d’un riche dossier, alors que paraissent aussi plusieurs ouvrages sur son rapport au théâtre et à l’exil.
Walter Benjamin dans le milieu des années 1920. (APA. PictureDesk. AFP)
Publié le 14/01/2026 à 19h38
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