Imaginez un village près de la mer, avec un morceau de falaise qui s’écroule de temps à autre, une plage qui fut fatale à un enfant, il y a longtemps. Nous finirons par connaître sa mère, et même son père, car les secrets ricochent dans le nouveau roman d’Agnès Desarthe, les personnages et les événements se font écho. Ils riment. Il faudrait un terme musical pour exprimer cela (un adolescent, dans le livre, aime que l’infirmière dise «cela» plutôt que «ça»), puisque nous sommes à la veille d’un concert. Il va réunir d’anciens amants, d’anciens amis, rajeunir tel visage, faire rire Mesdames Podevin et Gardanel qui ont mis le même pull en mohair brodé de perles.
Arrive le vendredi, «on se prépare comme pour un casse». On vérifie, les habits, les partitions, l’instrument. «On regarde l’heure. On se demande si on a le temps de retravailler la mesure 12 du troisième morceau, celle où on doit enchaîner le triolet avec les deux sextolets de doubles.» C’est un petit passage un peu technique, l’autrice s’en autorise un seul, et faisons confiance au chef, tout se passera bien. Le chef de l’orchestre, un orchestre d’harmonie, vient d’être mis à la retraite par une jeune DRH. Plan social. Il est censé avoir plein de projets. Va-t-il annoncer ce 18 décembre au soir qu’il prend aussi sa retraite de chef ?
Grive musicienne
L’Oreille absolue commence avec un autre problème, un problème de maire exposé lors du conseil municipal. Il va falloir trouver une solution pour les morts. Le cimetiè




