Dans le château de Vroncourt-la-Côte, naît en 1830 une petite Louise, fruit d’une relation – contrainte peut-être – entre une servante et le maître des lieux ou son fils, on l’ignore. Contre toute attente, la châtelaine, brisée par la perte de deux enfants, ne renvoie pas la «fille-mère» et sa bâtarde et prend même celle-ci sous son aile. La «demoiselle du château» fréquente l’école et se familiarise, grâce à son «grand-père», avec la pensée des Lumières, dévore les livres, découvre, fascinée, l’œuvre de Victor Hugo avec lequel, dès l’âge de 20 ans, elle entretiendra une correspondance, et ce jusqu’à la mort de l’écrivain ! Elle s’initie même à la versification, se rêve poétesse, convaincue qu’un grand destin l’attend. Mais le conte de fées tourne au cauchemar : aux décès, en quelque mois, de ses bienfaiteurs, la jeune fille est chassée par la veuve de son potentiel géniteur.
Louise Michel partage désormais, avec sa mère bien-aimée, la pauvreté du petit peuple, celle subie par la paysannerie qui l’a à la fois, souligne Marie-Hélène Baylac, émue et révoltée par son fatalisme. Une posture qu’elle refusera toujours, y compris dans ses moments de désillusions politiques et de grands chagrins, telle l’exécution de son compagnon de combat et de cœur, Théophile Ferré.
Etre intime et engagements
Cette forte résilience est l’un des traits majeurs de la personnalité de cette femme, à l’intelligence exceptionnelle. Son refus de l’échec et de l’abandon la convainc que la Révolution adviendra ; cet espoir, pour elle