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Emma est une grand-mère comme les autres. Elle passe du temps au jardin, cuisine pour ses petits-enfants, pense souvent à son défunt mari, Léon, se soucie des hirondelles et des chats du quartier ou du temps qu’il fait et du diabète. Et cette vie simple de vieille dame – sa mémé, la nôtre, à quelques détails près - méritait non pas un poème, mais un livre à elle, selon le poète suisse Matthieu Corpataux. Ce parti pris donne Emma au jardin, publié en poche, aux éditions de la Contre allée, en cette rentrée, deux ans après sa parution en grand format chez Empreintes.
Le recueil, le deuxième de l’auteur fribourgeois après Sucres en 2020, se lit presque comme un petit roman. Il est bâti sur une succession de poèmes brefs, pour la plupart des quatrains rythmés. Exemple : «Face aux herbes rebelles /Celui qui le premier cédera /Qui – le traître - capitulera /C’est son genou droit». Les vers débordent de tendresse pour saisir le quotidien routinier de la vieillesse, fait de petits drames (le corps qui lâche, un cambriolage) et plaisirs simples (les fleurs). Quand ce ne sont pas quelques flash-back, qui bousculent les pensées vagabondes.
Le poète helvète, aussi éditeur et directeur du festival littéraire Textures à Fribourg, propose dans cet ouvrage une poésie, que d’




