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Roman

«Mon bel animal», Lolita à la ferme

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Dans la suite de «Qui sème le vent», Marieke Lucas Rijneveld adopte le point de vue d’un vétérinaire pédocriminel. Une expérience singulière.

Close up dairy farmers gloved hand holding pitch fork early morning. (Pixel catchers/Getty Images)
Publié le 09/09/2022 à 16h32

Sur son compte Instagram, Marieke Lucas Rijneveld indique trois choses pour se présenter : sa profession («écrivain et poète»), ses pronoms («he /him», il /lui) et sa plus prestigieuse récompense jusqu’à présent («lauréat du Man Booker Prize International 2020»). Le prix en question était alors décerné pour la première fois à un auteur néerlandais, aussi jeune (29 ans à l’époque) et par ailleurs non binaire. Le livre couronné, premier roman et vraie secousse, s’intitulait en français Qui sème le vent (Buchet-Chastel). On attendait la suite et, en bonne logique, voilà qu’on récolte en cette rentrée une sacrée tempête : «qu’on le veuille ou non, l’amour est parfois une pluie torrentielle souvent accompagnée d’un vent catabatique, d’une rafale descendante», lit-on au détour de Mon bel animal.

Cramponnez-vous et voyez passer dans ce cyclone de 400 pages et 42 chapitres, sans retour à la ligne, des vaches, des chèvres, des lapins, des Pokémon, et avec ceci Kurt Cobain, Stephen King, les Cranberries, Freud, Hitler, Proust, le 11 Septembre, des références bibliques à foison et surtout pas mal de scènes glaçantes. C’est assez éreintant, on n’a pas toujours envie d’y retourner, mais quand on y est c’est une expérience remuante, singulière, comme en offre parfois la littérature quand elle n’entend pas caresser son lecteur dans le sens d

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