Sur son compte Instagram, Marieke Lucas Rijneveld indique trois choses pour se présenter : sa profession («écrivain et poète»), ses pronoms («he /him», il /lui) et sa plus prestigieuse récompense jusqu’à présent («lauréat du Man Booker Prize International 2020»). Le prix en question était alors décerné pour la première fois à un auteur néerlandais, aussi jeune (29 ans à l’époque) et par ailleurs non binaire. Le livre couronné, premier roman et vraie secousse, s’intitulait en français Qui sème le vent (Buchet-Chastel). On attendait la suite et, en bonne logique, voilà qu’on récolte en cette rentrée une sacrée tempête : «qu’on le veuille ou non, l’amour est parfois une pluie torrentielle souvent accompagnée d’un vent catabatique, d’une rafale descendante», lit-on au détour de Mon bel animal.
Cramponnez-vous et voyez passer dans ce cyclone de 400 pages et 42 chapitres, sans retour à la ligne, des vaches, des chèvres, des lapins, des Pokémon, et avec ceci Kurt Cobain, Stephen King, les Cranberries, Freud, Hitler, Proust, le 11 Septembre, des références bibliques à foison et surtout pas mal de scènes glaçantes. C’est assez éreintant, on n’a pas toujours envie d’y retourner, mais quand on y est c’est une expérience remuante, singulière, comme en offre parfois la littérature quand elle n’entend pas caresser son lecteur dans le sens d




