C’est un long voyage et en quelque sorte l’histoire d’un retour au pays. La romancière et essayiste Monique Wittig, disparue en 2003, est née en 1935 à Dannemarie, dans le Haut-Rhin. Française, elle quitta la France en 1976 à la suite de querelles dans un mouvement féministe dont elle avait connu la créativité des débuts. Aux Etats-Unis, où l’on pouvait entendre que «les lesbiennes ne sont pas des femmes», l’attendait la reconnaissance académique – elle y resta jusqu’à sa mort, à 67 ans, d’une crise cardiaque. Il faudra dix ans à la Pensée straight, publié en 1992 outre-Atlantique, pour arriver dans l’Hexagone (en 2001, chez Balland). Mais depuis quelques années, le rythme s’accélère et le retard se rattrape : ses livres sont réédités en poche, un jardin dans le XIVe arrondissement de Paris a été renommé pour lui rendre hommage, on la cite sur des pancartes dans les manifestations féministes, on la poste en photo sur Instagram, on la porte même en tee-shirt (voir le détournement sérigraphié «Monike» signé de la graphiste parisienne Roxanne Maillet : en reprenant le logo de Nike, police et virgule comprises, le vêtement placarde Wittig comme marque de distinction, signe de
Pièce
«Monique Wittig était une authentique révolutionnaire»
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Entretien avec Laure Murat et Wendy Delorme, à l’occasion de la sortie du «Voyage sans fin». Un joyeux détournement du «Quichotte» de Cervantes où tous les personnages sont des femmes.
Portrait de Monique Wittig (1935-2003), en juillet 1971. (Catherine Deudon/Roger-Viollet)
Publié le 15/04/2022 à 17h09
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