Emmanuel Chabrier avait de l’argent. «Un autre mauvais point pour lui : les génies méconnus ont en général la décence de crever la faim. La vie navrante d’un petit rentier n’émeut pas la postérité.» Le musicien né en 1841 et mort en 1894, compositeur entre autres d’España, Briséis et Gwendoline, est le héros du nouveau livre de Didier da Silva, né à Marseille en 1973. Musique adorable, sous-titré Chabrier malgré lui, est une sorte de roman biographique où le «déveinard» (Chabrier lui-même s’est joyeusement défini ainsi) est pour le moins réhabilité, si a besoin de réhabilitation un artiste qui suscita l’admiration de Claude Debussy, Maurice Ravel, Richard Strauss, Gustav Mahler, Igor Stravinsky et Erik Satie, dont le pianiste prodige Edouard Risler s’empara de l’œuvre, qui fut portraituré par son ami Edouard Manet et qu’on voit dans des toiles d’Edgar Degas et Henri Fantin-Latour, et dont les écrivains proches furent Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé et Villiers de L’Isle-Adam. Il y a quelque chose de risible dans la manière dont «la déveine» s’attacha à lui et qui ne peut pas étonner Didier da Silva, auteur de l’Ironie du sort (l’Arbre vengeur, 2014). Il commence à triompher au théâtre de la Monnaie ? Le théâtre de la Monnaie fait faillite. L’Opéra-Comique prend la relève du succès ? L’Opéra-Com
Chronique «Comment ça s'écrit»
Monsieur malchance : Emmanuel Chabrier par Didier da Silva
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L’écrivain compose la biographie du compositeur de la deuxième moitié du XIXe siècle, génial et méconnu.
Henri Fantin-Latour. «Autour du piano» (1885) conservé au Musée d'Orsay. Emmanuel Chabrier est assis au piano.
Publié le 29/03/2024 à 12h54
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