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Mort de Paolo Virno : des années de plomb au «retrait de la langue»

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Michel Valensi, écrivain et éditeur, rend hommage à celui qui participa au «moment révolutionnaire» de l’Italie des années 70 avant de «se retirer dans la langue».

Paolo Virno est né à Naples en 1952. (DR)
Par
Michel Valensi
éditions de l'Eclat
Publié le 14/11/2025 à 17h41

L’Italie a perdu, le 7 novembre, l’un de ses philosophes les plus importants et les plus discrets. Paolo Virno, né à Naples en 1952, est mort à Rome après une courte mais coriace maladie dont il n’avait parlé à personne, ne dévoilant jamais ses cartes en bon joueur de poker qu’il était. Acteur de premier plan du «moment authentiquement révolutionnaire» de l’Italie des années 70 – proche de l’opéraïsme de Mario Tronti et membre du groupe Potere Operaio, avec Antonio Negri et bien d’autres – il sera arrêté en 1979 sous le chef d’inculpation d’«association subversive» et de «constitution de bande armée». Il passera quatre années en prison avant d’être pleinement acquitté en 1988, à la différence de plusieurs de ses co-inculpés qui s’exilèrent en France et bénéficièrent de l’asile politique.

Après une thèse sur Adorno, il participe à la création de la revue Metropoli qui élargit la question du politique à toutes les sphères du social et où la théorie côtoie la bande dessinée. Ses premiers articles concernent la «chose» politique sous toutes ses formes, qui vont du general intellect de Marx aux flippers des bars romains, avec une attention particulière portée à la question du la

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