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Mort de Vénus Khoury-Ghata, la poète francophone qui «louchait vers l’arabe»

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L’écrivaine libanaise de langue française, qui plaçait les femmes au cœur de ses livres, est morte mercredi 28 janvier à Paris, à 88 ans. Elle avait reçu en 2011 le prix Goncourt de la poésie.

Vénus Khoury-Ghata en 1999. (Louis Monier /Gamma Rapho)
Publié le 29/01/2026 à 16h28

«J’ai quitté une langue que j’habitais pour une langue qui m’habite, écrivait-elle dans Libé en 2012. Je regarde le français mais louche vers l’arabe. Strabisme littéraire, bigamie ? Je rêve de les réunir dans un même moule, d’écrire le français de droite à gauche.» Vénus Khoury-Ghata, écrivaine libanaise riche d’une œuvre comprenant plusieurs dizaines de titres, est morte mercredi 28 janvier à Paris. Elle avait 88 ans. Au fil de ses livres, elle a toujours revendiqué manier une francophonie infusée dans ses origines orientales. «Bahr pour moi contient beaucoup plus d’eau que mer, chajarat a plus de feuilles qu’arbre. Lune est masculin et soleil féminin», continuait-elle dans le même texte.

Née le 23 décembre 1937 à Bécharré, Vénus Khoury-Ghata est issue d’une famille maronite. Son père est militaire, interprète pour le Haut-Commissariat français qui gère alors le pays et sa mère, issue de la paysannerie. Mais c’est la littérature que leurs enfants vont embrasser. Vénus Khoury-Ghata et sa sœur May Menassa suivent des études de lettres à Beyrouth – cette dernière deviendra une autrice et une journaliste reconnue. Le fils aîné, Victor, écrit quant à lui des poèmes et part pour la France tenter sa chance – i

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