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Drôle, grinçant, mal dans sa peau et pas très sympa, Oliver est ce genre d’adolescent qu’on déteste inviter à sa table de fête quand on est une famille sensible aux apparences. Lui-même n’a pas très envie de suivre sa mère et son futur beau-père, prénommé Klaus, dans un chalet perdu au cœur de la forêt où une neige abondante est annoncée. Là-bas, il doit en plus faire des politesses à Hildegarde, la mère de Klaus, qui évoque une sorcière, et saluer l’homme à tout faire, prénommé Amer. Tout s’annonce donc pénible dans ce «chalet chelou» et ce n’est que le début. Heureusement, Oliver a son journal intime pour raconter son quotidien et ses pétards pour tenir le coup dans cette maison sans réseau ni téléphone. Inutile d’en dire plus sur ce huis clos.
Denis Michelis, l’auteur remarquable du Bon fils et d’Etat d’ivresse, dynamite vivement les cosy crimes et les contes de Noël qui sentent la naphtaline. Il nous plonge dans un monde macabre rempli de coupures de courant, d’odeurs répugnantes émanant de la cave et de disparitions forcément suspectes. Cet auteur malicieux adore secouer la fiction, narrer des histoires terribles en ricanant, ajouter de la perversité derrière ses phrases policées. D’origine allemande, il connaît les contes de Grimm comme sa poche et les traumatismes qu’ils engendrent sur les jeunes lecteurs. De surcroît, il en profite pour creuser les drames intimes et familiaux jusqu’à dégager la profonde tristesse et la solitude infinie de ses personnages hors norme. Son Mortel Noël est pétri d’humour noir, il permet de jeter à la poubelle tous les petits livres de circonstance et recrée une fiction cruelle. 140 pages suffisent pour détourner l’inénarrable magie de Noël et réussir un roman d’apprentissage bouleversant.




