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Orphelin

«Nourrices» de Séverine Cressan : la beauté du lait dans un premier roman

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Une nourrice et «un enfant de lune» dans ce premier roman qui pourrait être au XIXe siècle au temps de Jacquou le Croquant.

Séverine Cressan. ( Alienor Bereder)
Publié le 20/09/2025 à 7h35

Ce premier roman est comme une vague qui vous emporte et vous tourneboule, vous abandonnant essoré d’émotions sur la grève. C’est une fable d’une sensualité immense qui dénonce l’exploitation du corps des femmes auquel se sont longtemps livrés de nombreux hommes et auquel ils se livrent toujours, peut-être, dans certains endroits du monde. Leur but, s’approprier à des fins mercantiles le précieux lait des mères, celui qui abreuve le nouveau-né, lui permet de grandir et de forcir. Un lait que rien ne pouvait égaler autrefois quand les substituts n’existaient pas. D’où l’importance des nourrices, personnages longtemps invisibilisés que Séverine Cressan transforme en véritables héroïnes dans ce livre maîtrisé de bout en bout.

L’époque n’est pas précisée, on pourrait être au XIXe siècle au temps de Jacquou le Croquant, dans un village perdu loin de la ville près d’une immense forêt. Sylvaine a le corps opulent et le lait abondant, elle ne connaît pas de plus grand bonheur – à part les jeux de l’amour avec son homme – que de nourrir un enfant, l’avoir au sein, le sentir téter, boire, s’emplir de chaleur et de vie. Elle a un petit garçon tout juste sevré et allaite chez elle une «petite de la ville» dont la mère ne peut s’occuper, ce qui lui permet de gagner quelques sous. Une nuit de pleine lune, les seins douloureusement gonflés, elle est réveillée par le cliquetis du bec pointu d’un oiseau sur la vitre de sa chambre. Une force inconnue l’attire au-dehors. «La terre hum

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