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Interview

Paolo Rumiz, écrivain-marcheur : «Il y a une familiarité entre le profond de l’âme et le profond de la terre»

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Dans une pérégrination épique sur les lignes de faille de son pays, l’Italien explore les profondeurs et les sons pour raconter son pays, à la croisée des mythes et des plaques tectoniques.

Des fumerolles sur le volcan Vulcano, sur les îles éoliennes, en Italie. (Martin Rietze/Bridgeman Images. AFP)
Publié le 20/11/2025 à 7h00

Il a quitté sa ville, Trieste, pour s’installer dans la paisible Slovénie voisine. Il lui fallait être en contact avec la campagne, dans le calme d’un hameau, au plus près de la terre. Et non loin des grottes et des profondeurs qu’il n’a cessé d’explorer depuis l’enfance. A bientôt 78 ans, l’écrivain Paolo Rumiz, longtemps journaliste à la Repubblica, délaisse un peu les flots, les pentes et les hauteurs pour aller sonder l’identité italienne en parcourant la ligne de faille sismique qui court de la Sicile au Frioul. En «fils d’une terre qui tremble», il livre une vagabonde et épique «symphonie des ténèbres». En quittant les sentiers battus, il part à la rencontre d’une Italie plurielle, féminine, éclairée par des «étoiles caravanières», traversée par la tragédie et souvent gouvernée par l’imaginaire. Une voix sortie des profondeurs est aussi un chant renouvelé pour l’Europe.

Après des voyages à pied, en vélo, en bateau sur les mers et les rivières, et les routes d’Europe, comment vous est venue cette idée d’un livre en Italie sur les entrailles de la terre, ses bruits et ses mouvements ?

Depuis longtemps, je sais que le tremblement de terre, les volcans, sont bien la normalité en Italie, pas une anomalie ou

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