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Roman

«Paranoïa» de Lise Charles, l’ivresse des maximes

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Un roman sur l’adolescence où l’on croise un avatar de La Rochefoucauld qui semble sorti d’«Alice au pays des merveilles».

La coupole restaurée du lycée Henri-IV. (Cédric Helsly)
Publié le 28/11/2025 à 12h25

L’héroïne de Lise Charles est une ex-enfant star de série télévisée. Elle a 16 ans et après toute une première partie consacrée à sa vie adolescente, là voilà en fuite. C’est le second volet du roman, le meilleur. Après une tragédie familiale, Louise quitte Paris : «Pour être sûre de ne pas tourner en rond, j’ai marché vers le soleil couchant. Quand il se levait, je le laissais derrière moi. Je ne mangeais pas, ou les mûres que je trouvais sur mon chemin. Pendant longtemps, je n’ai eu que deux phrases en tête. Elle est morte, je ne la verrai plus. Je voudrais partir loin de moi.» L’histoire est racontée des années plus tard par la jeune fille devenue adulte. On a alors quitté le réalisme des débuts et plongé dans un monde magique qui fait penser à Alice aux pays des merveilles.

Louise rencontre vite l’un des personnages principaux, le prince de Marsillac, un homme qui parle par maximes comme son quasi-homonyme le prince de Marcillac, soit l’écrivain du XVIIe siècle François de La Rochefoucauld. Voilà ce beau sire, assis en tailleur dans la forêt, aux côtés de la fugitive. Et à travers les mots de la narratrice, il ressemble fort au lapin à gilet et montre à gousset de Lewis Carroll : «A un

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