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Entretien

Percival Everett : «Je suis pathologiquement ironique»

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Entretien avec le romancier américain autour de «James», du nom du héros inspiré par le personnage de Jim dans «les Aventures de Huckleberry Finn» de Mark Twain, et qui, ici, est un homme cultivé dialoguant en pensée avec Voltaire derrière l’apparence d’un esclave illettré.

Percival Everett, chez son éditeur français, l’Olivier, à Paris, le 16 septembre. (Roberto Frankenberg/Modds pour Libération)
Publié le 07/11/2025 à 16h06

De derrière les herbes hautes, deux gamins blancs observent James. Ils s’appellent Huck et Tom, pour Huckleberry Finn et Tom Sawyer. James, lui, est la vision de Percival Everett de Jim, l’esclave imaginé par Mark Twain dans les Aventures de Huckleberry Finn paru en 1884. James a bien repéré le manège des deux enfants, il fait semblant de rien. «On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent», dit-il dès la première page. Avide de savoir, James subtilise des ouvrages dans la bibliothèque du juge Thatcher, et oui, il lit, et il donne des leçons aux enfants d’esclaves pour leur apprendre à éviter les ennuis. Exemple, le parler : «Les Blancs s’attendent à ce que nos paroles sonnent d’une certaine façon et, forcément, mieux vaut ne pas les décevoir.» Le parti pris de Percival Everett, écrivain et professeur de littérature anglaise, agace d’abord, puis emporte le lecteur.

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