Le temps joue contre Mathilde et Martin. Il est déjà trop tard lorsque le ventre de la jeune fille s’arrondit en terminale. Il faut alors devenir parents sans le soutien des leurs. Les responsabilités s’accumulent et le couple est plongé prématurément dans un quotidien d’adultes. Des mois plus tard, le test de grossesse affiche de nouveau deux barres mais cette fois, la décision n’est pas imposée. Les jeunes parents font le choix d’agrandir leur famille tandis que le couple se délite. Une bonne fée leur vient alors en aide : Annie, une voisine retraitée. Ce n’est pas la première fois que Marion Richez signe un conte moderne. Ses deux derniers romans, l’Odeur du Minotaure et Chicago (Sabine Wespieser, 2014 et 2020), s’y apparentaient déjà. Empreint de douceur, Petit Pas est une invitation à prendre son temps et à renouer le lien social.
«Chacun vit dans son monde»
L’atmosphère est étouffante dans les premières pages. Les températures estivales et la grossesse empêchent Mathilde de respirer correctement. Elle emmène son fils Jean au jardin mais les regards se tournent toujours vers elle et l’isolent. «Chacun vit dans son monde, dans sa communauté, sans jamais entrer dans celle des autres, sans lien possible, car il n’y a pas là une véritable ville pour créer du liant entre les êtres […].» Martin, lui, est prisonnier de son quotidien et assujetti à un travail alimentaire. L’héritage de la brutalité familiale pèse aussi sur eux. Les deux jeunes ont vécu avec un




