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Roman

«Petite Pluie» de Garth Greenwell : chambre d’échos

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Dans le roman de l’auteur américain, un patient hospitalisé à l’été 2020, en pleine épidémie de Covid, est traversé par la poésie.

«Petite pluie» de l’Américain Garth Greenwell raconte un séjour d’une dizaine de jours à l’hôpital. (hxdbzxy/Getty Images)
Publié le 17/01/2026 à 10h06

Les poètes ne sont pas mieux que les autres. Eux aussi passent parfois trop de temps sur leur téléphone, «à scroller et liker», au point de perdre le «chemin» jusqu’aux poèmes, «jusqu’à l’espace mental des poèmes», l’ouverture qu’ils requièrent. Cette disposition, le narrateur, professeur de littérature et écrivain dans la quarantaine, la retrouve malgré lui, parce que la situation dans laquelle il se trouve l’impose. Une douleur soudaine à l’aine, si terrible qu’elle «défi [e] toute description», l’envoie aux urgences et, très vite, en soins intensifs. Nous sommes à l’été 2020, en pleine épidémie de Covid. Les visites sont extrêmement limitées, il ignore combien de temps il va rester et s’il va, ou non, devoir subir une intervention. Ce qui «cloche» lui est d’abord expliqué par une infirmière, «mais les mots ne signifiaient rien, je n’en ai saisi qu’un seul, aortique ; c’est à ce moment-là que m’est venu à l’esprit un fragment de poème, de l’aorte éclatée jaillissait du sang, que je n’arrivais pas à resituer et qui ne m’était d’aucune aide». La référence est donnée dans les remerciements (ce sont des vers du poète britannique Geoffrey Hill), mais la source importe moins que l’immédiateté de son surgissement – la manière dont, précisément, l’espace mental s’ouvre et la poésie s’engouffre, propulsée comme par intraveineuse, force de vie et manière de se reconnecter à soi.

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Comme son titre (qui évoque plutôt l’extérieur) ne

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