C’est un prof d’histoire-géo dans un lycée de Nancy, Etienne Augris, qui s’y est finalement attelé, grillant au passage nombre de journalistes. Vaste tâche, tant la carrière de Philippe Rondot, fils et petit-fils de prestigieux militaires, fut à la hauteur de la légende familiale. A la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), puis au sein de la Direction de la surveillance du territoire (DST, désormais DGSI) et enfin comme conseiller très spécial auprès de plusieurs ministres de la Défense (Pierre Joxe, Alain Richard, Michèle Alliot-Marie), très écouté par Jacques Chirac. Le général Rondot fait partie d’«une tranche importante et intéressante de l’histoire de France», résume l’auteur à Libération.
«Le chat et la souris»
Il s’est livré à un travail énorme, épluchant les nombreuses archives disponibles, y compris celles de la Securitate, l’ex-redoutable service secret de Bucarest qui officiait sous Ceausescu, dissous à la mort du dictateur en 1990. C’est le meilleur chapitre du livre, Philippe Rondot ayant passé deux années (1966-1968) mouvementées en Roumanie, pour sa première mission d’espion à l’étranger. «Il joue le chat et la souris avec ceux qui sont chargés de le surveiller. Qu’il s’arrête au bord de la route pour faire ses besoins, tout est noté !»
La France et la Roumanie (la première jouant l’autonomie vis-à-vis des Etats-Unis, la seconde affichant de se défaire de la tutelle de l’URSS) étaient alors faites pour se rencontrer, mais en coulisse. La Securitate




