Une nuée de portraits de Pierre Bordage a essaimé sur les réseaux sociaux en début de semaine. Toujours la même image. Diffusée par ses éditeurs historiques l’Atalante et Au diable Vauvert, elle le montre avec son éternel large sourire, une casquette aussi sempiternelle, bleue comme ses yeux. C’était bien Bordage, cette longue silhouette, cette chaleur avenante, ce regard pétillant et malicieux, entrevu à chaque événement important de la science-fiction. Et en premier lieu à Nantes, au festival les Utopiales dont il avait assuré la présidence avec son élégance nonchalante onze années durant. Ce visage s’était transformé en virus contagieux au milieu des derniers feux de celui de Brigitte Bardot. Pierre était mort aussi. On se frottait les yeux, il avait seulement 70 ans, bientôt 71, le 29 janvier de cette année, si une crise cardiaque ne l’avait emporté le 26 décembre. Ses obsèques auront lieu mardi 7 janvier à 16 h 30 au crématorium de Nantes.
Vraiment, nous n’aurons plus droit au «Bordage nouveau», comme le titrait l’Humanité en 2000, pour la sortie d’Orchéron ? Pierre Bordage, sans doute avec le plus grand naturel des écrivains de l’imaginaire, avait un don pour inventer




