Poète, Liliane Giraudon n’écrit pas à base de ciel, de fleurs et de mains. Ou alors coupées, les mains, puis liées derrière le dos, comme dans le conte de la jeune amputée (type 706 dans la classification internationale, pour ceux que ça intéresse). Côté fleurs, la Phocéenne préfère les légumes, «pour t’être vantée dans l’art des épluchures», «l’oignon et l’ail» compris. Quant au ciel, «il y a longtemps» pour elle qu’il «est vide».
A 79 ans, Giraudon est une écrivaine énervée, voire explosive, comme le prouve l’exposition «Madame himself et l’humour poétasse» que lui consacre le Centre international de poésie de Marseille jusqu’au 20 décembre. Dessins, vidéos, revues (Banana Split et If avec son complice Jean-Jacques Viton, entre autres), Instagram devenu micro-édition, photographies homoérotiques de son fils Marc-Antoine Serra augmentées par ses soins, et partout «la main qui écrit n’arrête pas de dessiner». Une affiche à l’entrée de l’expo acrostiche le mot «POEME» : le P se décompose en «Pour qui ? Pour les chiens», le O s’effrite en «Ossements», le E en «Ecrivaine» dont le «vaine» se casse la gueule et pointe vers «Ossements», etc.
«La formule se dégonfle»
Beau comme une calavera du jour des morts mexicain, son nouveau recueil Pot pourri est essentiellement consacré aux défunts, sous l’intitulé «Ce qui s’affiche les nuits où tu n’as pas pu dormir». C’est une sorte de journal 2019-




