Même dans les mots d’une poétesse, le sexe peut être assez prosaïque. Outre-Atlantique, le début du livre deux (il y en a quatre) de Couplets, le premier «roman» de Maggie Millner, a particulièrement fait parler de lui pour l’extrait suivant : «Tout le monde avait le même lit Ikea. /Elle attachait mes poignets au sien, au-dessus de ma tête.» La suite, dans la traduction de Julia Kerninon, s’engage dans une singulière érotisation de l’art du «montage» de meuble. La narratrice allongée s’imagine (accrochez-vous) «la minuscule clé allen qui avait serré l’écrou du boulon, /tirant la planche d’aggloméré parfaitement d’équerre sur les rails», de même «les chevilles en bois /qui avaient semblé trop grandes pour entrer dans les trous /et qu’elle avait doucement forcées à l’intérieur», jusqu’au «panneau de pied en vinyle, /auquel mes jambes étaient maintenant ligotées solidement». En anglais, cet ultime couple de vers fait joliment rimer «plastic pegs» avec «between the legs» («peg», employé en tant que nom, pouvant signifier «cheville», et, en tant que verbe, «planter» ou «enfoncer» – on ne vous fait p
Littérature
«Couplets» de Maggie Millner, comme on fait son lit on se touche
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Dans le premier roman de la poétesse américaine, une narratrice, en couple avec un homme, rencontre une femme et voit sa vie basculer.
Maggie Millner. ( Sarah Wagner Miller)
Publié le 21/09/2025 à 11h00
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