A la recherche du temps perdu serait un roman antisémite (et homophobe) et son auteur mû par la haine de soi. Ce nouveau credo d’une partie de la critique agace Antoine Compagnon qui, en repartant des années 20, a voulu savoir ce qu’il y avait d’anachronique dans cette opinion de «belles âmes». Proust du côté juif se présente comme une «enquête» et a le charme d’un polar dans les archives proustiennes où le détective aurait pour arme une érudition légère, c’est-à-dire le poids de l’érudition et la légèreté du récit. Deux phrases de Proust ont servi au fil des décennies à ceux qui s’intéressaient (ou pas) à son rapport au judaïsme. L’une vient d’une source qu’on ne connaît pas (mais qu’on découvrira à la fin, si on a pris soin de ne pas lire la quatrième page de couverture) : «Il n’y a plus personne, pas même moi, puisque je ne puis [ou : ne peux] me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu’il n’avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents.» La seconde provient de Sodome et Gomorrhe, quand Swann mourant redécouvre son identité juive avec l’
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«Proust du côté juif», histoire et anachronismes
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Antoine Compagnon enquête à travers les archives de l’auteur de «la Recherche» et revient sur son rapport au judaïsme.
Marcel Proust en 1895. (Leemage. AFP)
Publié le 12/03/2022 à 10h04
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