Revenir souvent. Méditer parfois. Observer encore. Ecouter sans cesse. Rithy Panh devait retourner à S-21, ce lycée dans Phnom Penh reconverti en centre de détention, de torture et de mort durant le régime des Khmers rouges (1975-1979). Une «coopérative de la tuerie», comment il l’écrit avec Christophe Bataille dans un récit immersif au cœur de la nuit et du rappel du grand massacre. Un texte moins sombre qu’il n’y paraît, qui se lit comme un livret de survie face à l’effacement, un registre de vigie en hommage aux âmes blessées et aux compagnons de souffrance.
«Etoile ancienne»
Quartier des fantômes signé par les deux complices démarre par «un rendez-vous que nul ne m’a proposé parmi les vivants», dit le cinéaste, auteur en 2003, de S-21, la machine de mort khmère rouge. De nuit, dans ces salles de classe au carrelage en damier et aux murs ocre, Rithy Panh et Christophe Bataille ont erré en quête de traces, d’invisible et d’ineffable. «Un monde




