Menu
Libération
Livres

Rachida Dati dénonce enfin les «pressions» et «dégradations» subies ces derniers mois par les librairies

Présentant le prochain Salon du Livre de Paris, la ministre sur le départ a eu voix au chapitre pour apporter son soutien aux professionnels du secteur et reconnaître le climat délétère qui pèse sur eux.

Rachida Dati présente son programme de candidate à l'Hôtel de Ville d'une conférence de presse, le 10 février 2026. (Geoffroy van der Hasselt/AFP)
Publié aujourd'hui à 18h50

Mieux vaut tard que jamais. Avant de tirer sa révérence sous peu, Rachida Dati aura eu un mot pour les librairies récemment prises pour cibles : la ministre de la Culture a dénoncé ce mardi 10 février les «pressions» vécues après des actes d’«intimidation et des dégradations», lors de la conférence de présentation du Salon du Livre de Paris qui aura lieu du 17 au 19 avril prochains au Grand Palais.

«Je le redis : la violence n’a sa place nulle part et certainement pas dans des lieux de culture», a clamé celle qui devrait prochainement rendre le portefeuille de la Culture pour se consacrer pleinement à sa campagne pour les municipales parisiennes. «Le livre est l’objet du temps long et de la réflexion. Les libraires sont en première ligne : ils ont et doivent garder un rôle central dans le débat et la circulation des idées», a également souligné la ministre.

Depuis l’automne, les professionnels du livre s’inquiètent de pressions à leur encontre et dénonçaient, dans une tribune publiée en octobre dans le Monde, la multiplication de faits de violence touchant des librairies indépendantes devenues «les réceptacles de tous les débordements idéologiques».

«Un contexte politique hostile»

Les procédés observés sont multiples : vitrines taguées à l’acide, cyberharcèlement des équipes ou encore visites assorties de menaces à peine voilées, et les enseignes ciblées diverses — le syndicat SUD Culture Solidaires dénombre au moins neuf librairies attaquées ces huit derniers mois. Les cas ont été recensés en banlieue parisienne, à Lille, Rennes, Nantes, Périgueux, Lyon ou encore Marseille.

En août, la librairie du XIe arrondissement de Paris Violette and Co était vandalisée pour avoir mis en vitrine un livre de coloriages sur la Palestine jugé «antisémite», ce même ouvrage qui, le 7 janvier, a motivé une perquisition du magasin ainsi qu’un contrôle de l’ensemble de ses salariés. L’équipe de la librairie avait dénoncé une descente de police «infondée» menée dans «un contexte politique hostile» aux librairies engagées.

Dans la même rubrique