On pourrait prétendre qu’Eros et Thanatos sont les personnages centraux de cette nouvelle fournée de microfictions si faire appel à la mythologie grecque n’était pas trop chic pour les personnages lamentables de ces 500 textes de moins de deux pages de Régis Jauffret. Femmes ou hommes, vieux ou jeunes, hétérosexuels ou homosexuels ou autres : en toutes parités, presque rien ne sauve presque personne dans Microfictions 2022 (troisième volume après Microfictions en 2007 et Microfictions 2018). On s’assassine et on se viole à tire-larigot, parfois ce sont les enfants les horreurs, physiques ou intellectuelles, et parfois les parents. Le livre porte la trace du Covid mais surtout celle du racisme, de la haine, de la ménopause, du terrorisme, de la lutte des classes, des fausses dénonciations et des misères de tous ordres. L’humour vient de ce que ça dépasse les bornes quand le narrateur ou la narratrice, ou son entourage, est vraiment trop haïssable. Régis Jauffret se repaît de ces ignominies avec des phrases parfois très longues que ne ponctue cependant aucune virgule, tant l’accumulation de désastres et de bassesses suit un cours naturel que les lecteurs n’ont aucun mal à suivre. «Mes ambitions étaien
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Régis Jauffret, une question de vice et de mort
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Haine, racisme, terrorisme, misères et bassesses de tous ordres: les 500 narrateurs des «Microfictions 2022» sont tous à jeter.
Régis Jauffret (Francesca Mantovani/Gallimard)
Publié le 26/03/2022 à 16h13
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