Voilà du bon, du gros, du lourd, un volume qui en 1 500 pages et un kilo 300 grammes de papier regroupe l’intégrale des nouvelles de l’immense Richard Matheson (1926-2013). Saluons l’initiative, même si on peut rester plus mitigé sur le jaspage sur la tranche… Le recueil, très chronologique, reprise en un seul des trois établis en son temps par Jacques Chambon et agrémenté de quatre inédits, commence par le premier court récit de Matheson, aujourd’hui encore un de ses plus connus, Né de l’homme et de la femme, qui voit un enfant mutant raconter avec ses mots sa vie et sa découverte de la haine. Tout Matheson était déjà dans ce coup d’essai devenu coup de maître : sur le fond, le basculement dans le surnaturel d’un récit a priori banal ; dans la forme, la grande sobriété qui rend ces nouvelles souvent courtes redoutablement efficaces.
L’angoisse chez lui vient du quotidien et facilite l’identification du lecteur, comme en témoigne aussi un autre de ces textes les plus célèbres, Cauchemar à 60 000 pieds, où un passager d’avion voit (croit voir




