Robert Walser exégète de Robert Walser : c’est une façon de lire la Buveuse de larmes, recueil de trente-deux textes inédits en français et non parus pour des raisons inconnues dans les journaux de langue allemande auxquels ils étaient destinés. L’écrivain suisse est né en 1878 et mort en 1956 (on l’a retrouvé mort dans la neige, destin alloué à un des personnages des Enfants Tanner, son premier roman, en 1907) après avoir passé son existence en institutions psychiatriques de 1929 à sa mort. Les textes de la Buveuse de larmes ont été écrits entre 1925 et 1932 et correspondent à la veine de Walser, le goût pour la promenade, les charmes de la soumission, une légèreté, une image de simplicité, de proximité et de distance (mais il y a aussi des pages sur Jésus ou la littérature suisse). Peter Utz écrit dans sa préface que ses proses «sont un accroissement du quotidien». Incipit de «la Gare» : «J’allais et venais dans la gare au milieu des gens pressés, avec le calme de qui n’est pas concerné.» Car le narrateur ne voyage pas, il veut juste décrire la gare. Les femmes sont très présentes, comme des personnages particuliers. «De la vie d’un commis» : «Le héros de l’histoire rapportée ici était commis, chômeur à l’époque, et cependant il était pour ainsi dire un as dans l’art d’adorer les femmes.» Dans «Lettre à une jeune fille», ce résumé de l’entreprise walserienne : «L’une des grandes tâches que je me donne, c’est de ne jamais me lais
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Robert Walser, l’écrivain au miroir
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«La Buveuse de larmes», un recueil de trente-deux textes inédits en français de l’écrivain suisse.
Robert Walser. (Getty Images)
Publié le 17/05/2024 à 14h34
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