Le livre aurait pu s’appeler «Deux frères», comme le rap de PNL qui ouvre le premier chapitre. L’histoire est racontée par Zac, le frère aîné, et démarre avec la disparition de Martin, le cadet.
La cité des Jardins perdus, quelque part dans le 93, n’est pas pire qu’une autre. Il y a des trafics et des embrouilles, mais toujours un jeune pour monter les courses d’un plus vieux. Le point de deal est tenu par Milos, «un visionnaire, [qui] organise des ventes flash, des promotions sur Snap». Pour la Poste ou Pôle Emploi, il faut aller à Bondy et pour tout le reste, c’est l’épicerie de Charbel, bon géant de 2,10 mètres et chrétien libanais.
«Nous avons été ensemble, une famille», écrit Zac. Famille française, milieu populaire, on a des valeurs, on écoute beaucoup de musique. La musique est omniprésente dans ce deuxième roman du rappeur Rouda. La mère, Karine, travaille dans une crèche et le père, Antoine, dans un entrepôt Findus. Quelques mois plus tard, tous deux seront virés. Karine parce qu’elle s’est endormie pendant la sieste des enfants, Antoine pour cause de restructuration. Zac regarde sa mère désormais dépressive, et son père, «ringard magnifique» qui passe son temps à la salle de sport. Une qualité quand même : «Il avait beau être un gros




