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Récit

«Rue des Batailles» d’Antonin Crenn : la mémoire, façon puzzle

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A la recherche de Jules, un ancêtre disparu, et d’une rue de Paris détruite.

L’ancienne usine Cail de Chaillot, à la fin du XIXe siècle. (DR)
Publié aujourd'hui à 10h14

Le nœud de l’histoire est la rue des Batailles, et Jules. Qui est Jules ? Un ancêtre de l’auteur qui a littéralement disparu en 1869, en octobre ou en novembre, rien de plus précis. Un soir, cet employé de bureau n’est pas rentré dîner avec sa femme Elmina et son fils Maurice, 5 ans. Ils vivaient peut-être encore au 1, rue des Batailles à ce moment-là, puisqu’ils y habitaient lors de leur mariage, «au premier jour de l’été 1862». La rue des Batailles elle-même, sur la colline de Chaillot, «avec sa vue en dégringolade sur la Seine», n’existe plus, elle a été remplacée par le courant d’air de l’avenue de Iéna. Antonin Crenn se trouve au bord de deux béances. A l’aide de nombreuses archives et d’une patience obsessionnelle, il s’attelle à reconstituer l’écheveau familial et géographique pour tenter de cerner l’absence de Jules, Napoléon, Prosper Forthomme. «Après que Jules a disparu, combien de temps Elmina attend-elle ? Et qu’attend-elle ? Son retour ou sa mort Ce qui a sombré dans le silence éternel, l’auteur l’imagine. Les sentiments laissent peu de traces. «Il faut comprendre comment les relations naissent et perdurent. Il faut jeter des ponts entre les personnages.»

Un récit en colimaçon

La disparition se trouve donc au centre de cette enquête sur le XIXe siècle d’un passionné d’histoire des lieux. Le rapprochement avec le fameux roman en lipogramme de Perec ne paraît pas hasardeux. Juste avant, en 2024, Antonin Crenn, a publié Terminus prov

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