Dans un beau chapitre placé au cœur du nouveau roman de Sandro Veronesi, le narrateur raconte un événement bouleversant qui eut lieu en 1999 sur une plage et dont son épouse fut témoin. Ce qu’elle a vu l’a profondément affectée. Le narrateur, troublé lui aussi par ce qu’elle lui a rapporté, a retenu une leçon : la lenteur est nécessaire dans certaines situations. Alors il décide de prendre la lenteur pour «modèle dans ce récit même». Au lecteur de prendre son mal en patience. Mais le roman mérite cette peine. L’indolence permet de vérifier que certains liens sont fragiles et que le sabotage cause du chagrin. Le narrateur retarde la révélation de l’événement qui a changé sa vie alors qu’il avait 12 ans, en 1972. Ce fut grave, ce fut son septembre noir. Disons seulement que cela s’est passé entre ses parents, au moment où une organisation terroriste qui s’était donné pour nom Septembre noir massacrait onze Israéliens pendant les Jeux olympiques de Munich, les 5 et 6 septembre 1972. Si, pour l’enfant, le plus grave était ce qui arrivait à sa famille, Veronesi rend sensible l’effet produit par l’addition des chaos, le privé et l’international.
Chaque été au bord de la mer
Ce livre contient une bombe à retardement, un drame qui a initié




