Eiko a les «yeux impairs». Et ça attire les garçons de «la Saison du soleil», nouveau titre du volume qui valut à Shintaro Ishihara le prix Akutagawa, le «Goncourt japonais» en 1955. Une note n’est pas de trop pour expliciter la spécificité du regard de la jeune fille. Au Japon comme en Chine, indique le traducteur, la paupière supérieure à deux plis est considérée comme un signe de beauté. Eiko a une paupière à un pli et une paupière à deux plis. On est au milieu des années 50, et les héros de l’écrivain ont une vingtaine d’années, comme l’auteur, primé à 23 ans. Ses jeunes gens ont tourné le dos à la sombre après-guerre. Ils boivent, jouent au billard, se battent, participent à des trafics divers. Et la sexualité est omniprésente.
Pour leurs aînés, ce sont des dépravés, qui se prélassent dans l’immoralité. A part la paupière à un pli, rien ne semble différencier ces jeunes Japonais d’autres jeunes dans l’Occident des fifties, pétris d’individualisme. Le succès du livre à l’époque en a fait un ouvrage générationnel. Ces nouvelles «ont marqué, indique le postfacier Marcel Giuglaris, la littérature du Japon “année 0+10”, la littérature de la révolte contre les générations passées qui ont poussé le Japon dans la guerre et la catastrophe ; elle est inconsciemment nihiliste». Alcool donc, sexe et violence composent le cocktail détonnant des quatre nouvelles rassemblées dans la Saison du soleil. De ce titre dérive le mot «taiyo-zoku» (la r




