Nous avions quitté le jeune Gestur dans la neige à la fin de Soixante Kilos de soleil (2024), rescapé d’une deuxième avalanche. La première avait emporté sa mère et sa sœur, celle-ci venait d’engloutir la ferme de son père adoptif, le menuisier poète Lási. Mais Gestur était sain et sauf. Après avoir constaté que l’existence en Islande, «ce maudit trou à l’écart du monde», était une lutte continuelle contre la mort, l’adolescent se disait «que jamais la vie n’avait été plus belle : sous ses yeux vacillait la Jetée des Norvégiens». C’étaient les dernières lignes. «Entre les pages règne la nuit» est la première phrase de la suite, Soixante kilos de coups durs. Nuit du texte, jour qui se lève avec la lecture : Hallgrímur Helgason, romancier, poète, peintre né en 1959, se présente à l’orée de son roman pendant que ses personnages dorment encore. Il est la «perpétuelle chouette nichée au creux de son œuvre (on le voit rarement bien qu’il voie tout)».
Dans Soixante Kilos de coups durs (Soixante Kilos de choses à couper le souffle en traduction google du titre orig




