Passionnant et nécessaire sont les qualificatifs qui s’imposent pour saluer cet ouvrage, résultat de dix ans de recherches, menées par Pascale Barthélémy, réputée pour ses travaux en histoire des femmes et du genre en Afrique occidentale. Qu’importe alors l’usage anachronique du terme «sororité», qui s’imposera dans la décennie 70. Relié à «colonialisme», il a la vertu de susciter la curiosité, tant les deux mots semblent a priori inconciliables, et de faire saisir la problématique de ce livre, traversé par des questions complexes dont on devine qu’aucune réponse unanime n’y sera apportée. Comment, en effet, comprendre que métropolitaines, coloniales et «indigènes» se parlent, ou parlent les unes des autres, en se nommant «sœurs», suggérant ainsi que leurs conditions et leurs luttes sont communes sur fond de domination masculine ? De facto, les deux premières sont nées dans le camp des colonisateurs, et nombre d’entre elles approuvent l’impérialisme au nom du «devoir de civilisation», européenne, s’entend ; seules les dernières sont oppressées de par leur sexe, leur classe et leur race. Une solidarité est-elle dès lors possible ? Si elle existe, sous quelle forme se manifeste-t-elle, et que
Essai
«Sororité et Colonialisme», joue contre joute
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L’historienne Pascale Barthélémy analyse les ambiguïtés des relations entre militantes métropolitaines, coloniales et «indigènes» engagées dans les luttes féminines de l’Afrique francophone des années 40 à 60.
Sira Diop Sissoko : "Sira Diop Sissoko / Source : couverture de Femmes du monde entier, juin 1960, BNF", figure 38, p. 267 de l'ouvrage (BNF)
ParYannick Ripa
Publié le 08/09/2022 à 5h38
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