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«Sous l’écorce de Quercus», chêne de vie

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Le biologiste et ingénieur forestier Laurent Tillon remonte le cours de la longue existence de Quercus, arbre de la forêt de Rambouillet

(P. Frischknecht/Andia)
Publié le 20/03/2021 à 6h43

Par temps de Covid, se mettre dans la peau d’un chêne fait du bien. Depuis deux cent quarante ans, Quercus – c’est le nom qu’a donné l’auteur à un arbre de Rambouillet – brave, la tête haute, les tempêtes, les révolutions, les changements climatiques et les maladies. Laurent Tillon, biologiste et ingénieur forestier à l’Office national des forêts (lire aussi notre article du 15 mars sur un autre arbre vénérable dans le Val-de-Marne), a «rencontré» Quercus à l’âge de 15 ans, à l’occasion d’un déraillement inopiné de vélo sur un chemin forestier. Depuis c’est «son» chêne et le coup de foudre s’est avéré durable. Avec son écorce, moins souple que la peau d’un serpent, moins douce que la fourrure d’un chat, ce partenaire a une vraie place dans sa vie. Même si Quercus garde quelques mystères, Laurent Tillon a approfondi au fil des ans sa connaissance du fonctionnement des chênes, et la transmet généreusement à son lecteur. Bien sûr il y a bien quelques dérives anthropomorphiques, mais qui n’en connaît pas ?

1. Comment survivre dans la jungle ?

Laurent Tillon, dans Etre un chêne, remonte toute l’histoire de Quercus, démarrée sous l’Ancien Régime, à l’ombre d’un roncier qui lui sauva la vie à ses débuts. Mais finit par l’empêcher de croître. Comme dans les contes, il y a un moment où il faut partir. Quercus étant cloué au sol, ce sont les humains qui par un hasard heureux le libéreront de sa prison épineuse. Pour un petit brin d’arbre, «la vie est à hauts risques», les prédateurs sont innombrables:

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