Les premiers mots du roman sont «Je n’arrivais pas à exister» et les derniers «il n’y a rien à raconter». Et pourtant, il s’en passe, des choses. Surtout des matchs de tennis, en fait. Le narrateur, qui dispute un tournoi, est manifestement un tout jeune homme. «T’as quel âge ? Seize, dix-sept ans ? – Plus ou moins.» Plus tard, il rencontre une femme : «Elle a voulu savoir mon âge, et quand je le lui ai dit, elle a fait la grimace.» Les précisions sont réservées au tennis, à la description des matchs, aux sensations physiques et psychologiques qu’ils entraînent. Là, le narrateur touche sa balle. Ce n’est pas comme quand il lit dans un article sur Einstein que «le temps n’était qu’une illusion». Il a du mal à comprendre «mais Einstein avait l’air sûr de son coup». Pourtant, le temps rétrécit ou s’allonge au cours de ses matchs, il ne peut pas ne pas le voir. Ou si ? Quand un match est fini : «L’avantage, maintenant, c’est que je n’avais plus à penser au tennis jusqu’au match suivant.» L’avantage, qui donne son titre au premier roman de Thomas André, né en 1991 et dont les éditions Tristram informent qu’il «a pratiqué le tennis de compétition», est aussi un désavantage car c’est difficile de penser à autre chose, hors le tennis il n’y a rien. Le narrateur s’est bien acheté un livre mais bon. «Puis j’ai fini mon bouquin. Il ne me restait que quelques pages, je les ai lues d’une traite, sans émotion
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Thomas André, raquette vibratoire
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Thomas André chez lui, le 7 décembre. (Philippe Matsas/Leextra via Leemage)
Publié le 13/02/2021 à 10h42
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