A cette époque de l’année, d’ordinaire, il mettait la dernière main aux petits livrets qu’il préparait amoureusement pendant de longues semaines à destination de ses amis pour fêter le nouvel an. Chacun racontait un moment fou de sa vie qui en avait connu des dizaines, des centaines et peut-être même des milliers tant son existence a été un véritable roman d’aventures. Tito Topin vient d’en tourner la dernière page, à 93 ans, comme l’a annoncé samedi à ses proches l’écrivaine Chantal Pelletier, sa femme et dernier grand amour qui aimait l’appeler «le Sultan».
Tito Topin, c’était la vie, la gourmandise et l’insouciance résolues, déterminées, y compris dans les périodes les plus compliquées de son existence. Il n’a jamais cédé aux sirènes de la nostalgie préférant le frisson d’excitation devant le jour qui vient plutôt que le soupir mélancolique devant la nuit qui se profile. «Je pense que la période actuelle est formidable, nous disait-il en 2017, à 85 ans. Oui, c’est vrai, avec la religion, il y a un retour en arrière. Je ne suis pas baptisé, je ne crois pas en un dieu, et nous, dans les ann




