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Essai

«Tous hérétiques ?» Passalorynchites, donatistes et autres croyants divergents

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Le philosophe Denis Moreau se penche sur la postérité de ces sectes chrétiennes, dont il voit les traces dans nos débats contemporains.

Lors d'un défilé de Pâques à Séoul, le 19 avril 2025. (ANTHONY WALLACE/AFP)
Publié le 13/11/2025 à 6h47

Pauvres hérétiques ! Ces chrétiens dissidents, dont l’Eglise a condamné les doctrines, sont lestés dans nos mémoires d’une farandole d’image mal dégrossies – bûchers, «châteaux cathares» et autres grands inquisiteurs. De quoi faire écran à la réalité de ceux-ci et de leurs tentatives malheureuses d’orienter le dogme ou les pratiques du christianisme.

Le livre que leur consacre le philosophe catholique Denis Moreau n’est pas un catalogue historique des hérésies, même s’il donne les principes d’une dizaine d’entre elles. C’est une déclaration de tendresse pour le zèle de ces coreligionnaires, égarés du point de vue de Rome, mais qui n’en cherchaient pas moins sincèrement le bon chemin vers le Créateur. Surtout, l’auteur veut démontrer que certaines de leurs thèses ont bien voyagé dans le temps. Rien ne se recyclant mieux qu’une vieille idée, il en voit la trace dans nos débats contemporains, même sans liens avec la religion.

Rituels baroques

Ce n’est pas une absolution. Denis Moreau considère que, dans la grande majorité des cas, l’Eglise a bien fait de rejeter ces idées – ce qui n’excuse pas les peu charitables moyens parfois employés. Faut-il regretter l’encratisme, avec sa condamnation radicale de la sexualité, du mariage et de la procréation ? Fallait-il faire droit au jansénisme et à son pessimisme anthropologique radical, où l’homme, trop flétri par le péché originel, est sans prise sur son propre salut ? Le sympathique pélagianisme croyait, lui, qu’une vie de droiture peut mener au paradi

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