«Je retournai l’appréciation /et compris que je ne voulais plus écrire de poèmes.» Ces deux seuls vers annonciateurs de Pier Paolo Pasolini (1922-1975) résument bien l’état d’esprit des dernières années du poète italien. En proie à la désillusion, déjà ancienne, quant à sa «vocation», l’écrivain et cinéaste, acculé, est sur le point de renoncer à la poésie, dont il doute de l’efficacité pour transformer la réalité. «maintenant que l’inspiration, si elle vient, des vers, elle n’en produit pas», poursuit-il, dans son poème «Demande de travail», au bord de la brèche.
Nous sommes au tournant des années 1970, les révoltes de la jeunesse soixante-huitarde sont passées par là, Pasolini, qui vit des années sombres sur le plan public ou personnel, est sur le point de publier (en 1971) ce qui sera le dernier recueil à paraître de son vivant – le poète ne peut présumer qu’il sera retrouvé mort le 2 novembre 1975 sur une plage d’Ostie – : Trasumanar e organizzar. Voici l’ouvrage (enfin) traduit en français par Florence Pazzottu, aux éditions Lanskine, cinquante ans tout pile après le drame (encore) non élucidé. Signe supplémentaire que l’on n’a pas fini de (re) lire, (ré) interpréter ou de saisir l’acuité toute contemporaine d’une œuvre sinueuse, bouleversée et bouleversante, les éditions du Ch




