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«Trent-sis» de Malika Moustadraf : asphyxie circulaire

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L’autrice marocaine est traduite pour la première fois.

Les mêmes histoires se répètent et se mordent la queue dans Trent-sis, recueil de l’enfermement où chacun des quatorze textes fait l’effet d’une cellule. (Christopher Pillitz/Getty Images)
Publié aujourd'hui à 14h23

D’entrée, ce n’est très accueillant – et c’est bien l’idée. «Malika Moustadraf n’est pas pour les débutant·es», prévient Rim Battal dans sa préface. Le paradoxe tient au fait que l’écrivaine marocaine qu’on s’apprête à lire, née à Casablanca en 1969 et morte dans la même ville en 2006, à 37 ans, n’avait jusqu’ici jamais été traduite en français. Malgré l’avertissement, il y a de fait des chances que nous soyons novices dans cette (toujours Rim Battal) «bâtisse inhospitalière, sèche, qui laisse voir la structure nue du monde social» et où s’exposent «les poutres du patriarcat, les nervures d’une hiérarchie de genre». Ainsi ce ne sera ni doux ni propre, et peut-être sans issue, mais si l’on choisit d’entrer, entrons : bienvenue chez Malika Moustadraf.

«Allez on se lève là»

Dans Trent-sis, il faut entendre 36, soit le numéro du pavillon psychiatrique du plus grand hôpital de Casablanca. En argot – une note le précise –, «trent-sis» est devenu, par extension, une manière de désigner un «fou». Dans la nouvelle éponyme, un homme est surnommé ainsi par ses voisins. Chaque samedi, il débarque chez lui avec une femme différente. Sa fille, la narratrice, reste cloîtrée dans sa c

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