«Le monde était en noir & blanc. Il tenait tout entier sur deux chaînes de télévision.» «Nos ancêtres étaient les Gaulois.» «On avait de la Religion.» «En ce temps-là, je dessinais déjà. Je dessine encore.» Boll est illustrateur pour le magazine Livres Hebdo et un habitué des pages littéraires de différents journaux. Cette fois, c’est à son tour d’écrire, des maximes, qui tendent vers la poésie, agrémentées de ses dessins à l’encre de Chine. Né en 1962, il jette sur les pages ses souvenirs d’enfance, en quelques phrases simples, mais marquantes de justesse. Sur le cyclomoteur, «on essayait de se convaincre que c’était plus pratique qu’une voiture parce que c’était moins cher». Sur la promenade dominicale, où «il fallait être vu sans être regardé». Sur toutes les petites filles qui voulaient ressembler à Sheila, ou sur le goût de ses crottes de nez. Ou encore sur les «pipelettes» : «C’était pas des médisances. On se contentait de causer pour s’informer. On inventait uniquement quand on n’avait rien à dire.» D’un trait épuré, en quelques gestes, Boll représente alors deux femmes discutant sur un perron. Elles se murmurent à l’oreille.
Boll est nostalgique, parce que c’était son enfance, dans un petit village, aux confins des Yvelines, à la frontière de l’Eure-et-Loir, parce que c’est une époque qui n’existe plus. Il a un regard à l’humour doux et réconfortant, dans les textes et les dessins. Mais il ne tombe pas dans l




