C’est une heureuse surprise : la préface ne cite pas Une chambre à soi de Virginia Woolf, titre et concept utilisés à tout bout de champ quand est évoqué un acte ou une activité d’émancipation féminine. Les premières pages de ce livre sur les femmes architectes et décoratrices d’intérieur des années 1880 jusqu’à nos jours abordent d’emblée le sujet sous l’angle de la lente reconnaissance professionnelle du talent de celles qui ont aménagé des intérieurs. Puisque «l’intérieur domestique était considéré comme intrinsèquement féminin», en 1921, Elsie de Wolfe, première décoratrice d’intérieur professionnelle, fut obligée d’attaquer en justice un client pour «réclamer des impayés». C’est l’époque où l’on pouvait lire dans un journal : «Chaque fois qu’un mari meurt, une nouvelle décoratrice d’intérieur voit le jour.»
Jane Hall, l’autrice de ce livre superbement illustré, est elle-même architecte. L’un de ses précédents ouvrages s’intitulait Je ne suis pas une femme architecte. Je suis une architecte (Phaidon, 2019). Dans son introduction, elle souligne aussi le lien entre ce métier et le statut social de ceux, de celles en l’occurrence, qui l’exercent. Les pionnières de la décoration d’inté




