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«Une diabolique dans le Japon de Meiji» : Takahashi Oden, meurtrière, mythomane et démone

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A partir de l’incroyable célébrité acquise par une criminelle au Japon à la fin du XIXe siècle, Hosoi Ayame et Pierre-François Souyri analysent les tensions qui ont agité l’archipel au moment crucial de sa modernisation.

Le meurtre commis par Oden représenté sur une gravure de 1881 de Toyohara Kunichika. (Aurimages)
Publié le 15/01/2026 à 6h34

1882. Au cimetière du temple Ten’nō-ji, dans le quartier Yanaka à Tokyo, une stèle est érigée à la mémoire de Takahashi Oden. Une héroïne ? Non, la dernière femme à avoir été décapitée au Japon, trois ans auparavant, pour avoir tranché la gorge d’un riche marchand de vêtements, sans doute usurier avec lequel elle était en affaire, et qu’elle a volé. Peut-être même a-t-elle tué son mari, atteint de la lèpre, une accusation sans suite, faute de preuve. Un monument funéraire rend donc hommage à une meurtrière de 26 ans dont la culpabilité ne semble avoir fait aucun doute ! Cette étonnante initiative revient à l’écrivain Kanagaki Robun (1829-1894), premier auteur d’une longue liste de prétendues biographies d’Oden. Réputé, il a pu compter sur le soutien d’institutions, de sociétés de théâtre, d’acteurs, de conteurs et autres personnalités.

Adaptations au théâtre et au cinéma

Une telle incongruité ne pouvait que renforcer l’envie de Hosoi Ayame et Pierre-François Souyri de démêler les fils de cette affaire. Fins connaisseurs du Japon, elle ne leur était pas inconnue tant elle y a fait couler d’encre, sans qu’au demeurant nul ne se soit interrogé sur la signification de cette renommée. Dès le lendemain de l’exécution le 31 janvier 1879, les «grands journaux» relatent ce meurtre, si ordinaire

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