«Mentir oui, mais par excès de fiction, jamais par dénégation.» Mentir par force, par domination, et non par soumission. Mentir pour avoir enfin l’occasion d’atteindre «le vrai». Tel est le programme des deux adolescentes quasi jumelles (cousines du même âge) et de leurs «transes» au cœur d’Utérotopie, nouveau roman d’Espedite (dont reparaît en Babel les Aliénés). L’éditeur définit ainsi l’auteur : «Formé à la philosophie politique, d’origine corse et vivant actuellement sur l’île, Espedite aime le noir et le grotesque, le glauque et la poésie, ainsi que les phrases rongées à l’os.» Quant au titre, il est formé sur le mot «hétérotopie» que Michel Foucault créa dans une conférence sur les espaces imaginaires de 1967 (dont il autorisa la publication au printemps 1984, juste avant sa mort). Espedite raconte dans le prière d’insérer comment il a voulu changer le sexe de l’habituel adolescent masculin, geek solitaire et révolté : «Utérotopie tente de donner un visage féminin et collectif à cette figure de l’auto-confiné rebelle […]. Cette inversion de genre n’est pas anodine : le domicile est traditionnellement associé, pour les femmes, à la domesticité. L’investir comme un lieu de contestation et de réappropriation de son identité sera nécessairement violent», surtout si on va jusqu’à «confondre vie privée et privatisation de soi». Les adolescentes, qui ne sont pas toujours les narratrices : «A l’abri du dehors, n
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«Utérotopie» d’Espedite, transes de vies adolescentes
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Un roman noir sur la rébellion de deux jeunes filles anorexiques de bonne famille.
Espedite. (DR)
Publié le 14/01/2023 à 6h54
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